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Ce qui me manque avec le Maitrank

Humeurs de beurre

Table des matières

Petite chronique good mood

J’ai pour habitude de comparer les fêtes Maitrank à celles du 15 août à Liège :

Tout le monde se rejoint dans les rues de la capitale de cette boisson de mai et, d’un bel élan collectif, se rassemble pour partager quelques verres avec des amis.

C’est beau, cette foule.

Au même endroit pour la même raison.

Mon côté guimauve qui parle, sans doute.

Et dire qu’il y a deux ans, les postillons maladroitement échappés sur fond de musique un peu forte ne nous dérangeaient pas le moins du monde.

Ça faisait partie du package.

On était bien, on était ensemble.

Les policiers en uniforme (raaah l’uniforme) suivaient d’un air détendu du haut de la place du docteur Hollenfeltz l’évolution de l’alcoolisation de la foule.

 

Ceci étant posé  – tiens prends ma mélancolie dans la figure c’est gratuit – je dois quand même admettre sentir une petite agitation qui s’empare de moi.

Un frémissement, là, vous voyez?

Comme si, comme si je me réjouissait malgré tout de quelque chose…

 

Mais en fait oui c’est ça : parce que le Maitrank, en vrai, ce n’est pas que ce quatrième week-end du mois de mai dans les rues d’Arlon.

 

Il y a tout le avant et tout le après :

 

Déjà, on va enfin pouvoir aller repérer dans les bois la maturité des brins de cette merveille des sous-bois.

Première tentative (on y va toujours trop tôt, mais on ne sait jamais le printemps a commencé fort) :

– Non chou, il n’y a pas encore trois étages de feuilles, faudra revenir…

La semaine suivante, munis de notre sachet on est partis pour la cueillette.

– Chou, tu prends surtout pas les brins qui ont commencé à fleurir, c’est toxique.

Chaque année, c’est le même débat. Mené le plus sérieusement du monde.

– Et juste un bourgeon comme ça, ça compte ?

– Oui, pour être sûrs, ne le prends pas, on ne sait jamais.

 

C’est qu’il y va de notre réputation, de 10 litres la première année, nous voilà passés à une production de 40 litres, la rançon de la gloire.

Ça nous prend du temps.

Et on râle quand on cueille les 600 brins. Les ongles verts pendant deux jours, d’avoir coupé 600 fois les tiges.

– Mince j’étais à 265 ou à 365 là ??

Et on râle encore quand on met en bouteille.

– Stop ! Stoooooop ! Raaah je vais pas pouvoir mettre le bouchon maintenant. Nondidjap bon tant pis j’en bois un peu au goulot.

 

Mais quelle fierté.

Quelle fierté quand à l’apéritif on vous demande si vous avez déjà fait “votre” Maitrank et si oui qu’on goûterait bien le dernier millésime.

– Et si tu as congelé les rondelles d’orange comme l’autre fois pour en faire des glaçons, oui je veux bien aussi steuplé.

Quelle fierté d’offrir la confiture des oranges du Maitrank à l’institutrice en fin d’année en précisant que c’est fait maison.

Quelle fierté quand vous expliquez à vos collègues français comment vous avez fabriqué votre propre apéro.

Et enfin, quelle fierté quand la famille qui fait du Maitrank depuis des générations goûte votre bouteille et dit d’un air connaisseur qu’il est vraiment bon aussi, le vôtre.

 

Alors oui, c’est vrai que j’adorerais retourner partager le Maitrank à la rotonde du Vénitien avec mes potes.

Et peut-être que quand tout cela aura à nouveau lieu, ma fille sera pré-ado et on pourra retourner danser le samedi soir au lieu de la regarder sauter dans les châteaux gonflables du dimanche avec notre verre de Maitrank.

 

Mais franchement en fait, si j’y réfléchis bien, toute cette préparation, ce résultat dont nous sommes fiers, on peut aussi l’offrir à nos voisins, qui nous diront tout sourires depuis leur jardin à quel point il est bon notre Maitrank.

Et on sera contents. Aussi.

Et c’est bien. Aussi.

En fait.

2 réponses

  1. J’ai vraiment bcp apprécié lire cet article à la fois drôle et tellement vrai. J’ai adoré les touches personnelles apportées par son auteur(e)!
    J’avais l’impression de l’avoir en face de moi et de l’écouter parler.
    Au plaisir de lire le prochain !

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